Appel à contributions – « Y a-t-il un Beethoven autrichien ? » – 10 juin 2021

Appel à contributions de la revue Austriaca. Cahiers universitaires d’information sur l’Autriche pour le numéro thématique « Y a-t-il un Beethoven autrichien ? », sous la dir. de Jean-François Candoni.

« Même si le nom de Beethoven reste étroitement lié à celui de la capitale des Habsbourg, Vienne, et si une grande partie de son existence s’est déroulée dans une topographie culturelle viennoise, les rapports existant entre le compositeur et l’Autriche méritent d’être interrogés. Musicien allemand iconique élevé au rang d’artiste européen voire universel, souvent associé à l’idéalisme philosophique dont il constituerait le versant musical, Ludwig van Beethoven ne saurait bien sûr être réduit à des particularismes viennois ou autrichiens. D’ailleurs, de nombreux autres centres musicaux ont contribué de manière décisive à la réception de son oeuvre et à l’élaboration de son mythe : Leipzig, Berlin, Paris, voire Londres ont été, dès la première moitié du XIXe siècle, des foyers particulièrement actifs du culte beethovénien. Le musicologue berlinois Adolph Bernhard Marx, qui fut l’un des plus ardents promoteurs de l’oeuvre de Beethoven et voyait en lui celui dont la musique avait dépassé “la sphère du simple jeu sonore“ (Adolph Bernhard Marx, Ludwig van Beethoven. Leben und Schaffen, Berlin 21863, p. 79), soutenait l’idée que le compositeur était davantage chez lui à Berlin qu’à Vienne, où le public préférait se laisser séduire par le charme superficiel des opéras de Rossini. Il écrivait en 1825, dans la Berliner allgemeine musikalische Zeitung : “Comment Vienne pourrait-elle se mesurer à Berlin en matière de vivacité et de liberté intellectuelles ? C’est déjà le sud […] on se sent partout trop rapidement, trop facilement satisfait pour se mettre dans des dispositions sérieuses.” (Adolph Bernhard Marx, „Königstädtisches Theater“, dans Allgemeine musikalische Zeitung, n° 35, 31.08.1825, p. 282). Cela ne signifie pas pour autant que l’Autriche ait renoncé à construire son propre mythe de Beethoven – c’est du moins ce que voudrait démontrer le numéro de la revue Austriaca consacré à la question de l’existence d’un Beethoven autrichien. Il s’agit de montrer de quelle manière, après la dissolution de la Confédération germanique en 1866, puis après l’effondrement de l’empire des Habsbourg en 1918, l’Autriche s’est servie de Beethoven pour oeuvrer à la construction d’une identité culturelle propre. Les contributions réunies dans ce numéro thématique seront ainsi l’occasion de réfléchir à la façon dont l’oeuvre et le personnage de Beethoven ont structuré l’esthétique et la conscience musicale et culturelle en Autriche du XIXe au XXIe siècle. »

Date limite de soumission : 10 juin 2021.

Pour plus de détails, voir l’appel en ligne.


ISSN : 2368-7061
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