Appel de conférences – « Manuel de Falla dans l’île. Art, culture et modernité dans la Majorque des années trente » – 30 mai 2026

Appel de conférences pour le colloque international « Manuel de Falla dans l’île. Art, culture et modernité dans la Majorque des années trente », Conservati Superior de Musica de les Illes Balears (CSMIB)/Universitat de les Illes Balears, Palma, 26-28 novembre 2026. 

« À l’occasion de l’Année Manuel de Falla (1876–1946), qui marque le 150e anniversaire de sa naissance, le Département de musicologie du Conservatori Superior de Música de les Illes Balears et le Département de sciences historiques et de théorie des arts de la Universitat de les Illes Balears organisent ce colloque international. Prenant pour point de départ le séjour de Falla à Majorque, cette rencontre entend encourager la réflexion sur des questions liées aux arts et à la culture européenne dans le contexte des années trente.

Falla résida à Majorque entre 1933 et 1934, invité par son ami, musicien et homme d’Église, Joan M. Thomàs i Sabater. Durant ce séjour — documenté dans l’ouvrage de Thomàs Manuel de Falla en la isla (1949) ainsi que dans la bibliographie spécialisée (Hess 2005 ; Torres 2009) — il composa et créa sa Balada de Mallorca (1933). Il s’installa dans une maison du quartier palmesan de Gènova, zone résidentielle qui, avec le quartier voisin d’El Terreno, rassemblait une part importante de la bohème artistique, locale comme étrangère. Majorque commençait alors à s’imposer comme destination touristique internationale, dans un climat politique de plus en plus tendu en Europe à l’époque de l’entre-deux-guerres, marqué par la montée des fascismes.
Cette complexité se reflétait également dans le microcosme de l’île de Majorque, où se côtoyaient des exilés juifs fuyant le nazisme, des militants des droites européennes cherchant refuge face aux mouvements de la gauche révolutionnaire, ainsi qu’une colonie nazie de plus en plus visible. Ces mouvements de population comprenaient un nombre significatif d’artistes et d’intellectuels, venus rejoindre ceux qui fréquentaient déjà l’île dans un contexte de circulation des élites européennes.
Le compositeur s’intégra à cet univers de peintres, d’écrivains et de musiciens — de Gertrude Stein à Robert Graves, en passant par George Copeland, Paul Cadmus ou Natacha Rambova — qui firent de l’île un véritable laboratoire créatif et intellectuel de dialogue interartistique. Cette convergence réunit une bohème artistique et une élite intellectuelle autour d’une quête commune de modernité. Toutefois, cette notion revêtait un caractère pluriel, aux traits qui n’étaient pas toujours convergents. L’art moderne intégrait ainsi des éléments d’avant-garde, mais aussi, selon les auteurs, des critères liés à la tradition et aux essences.
Dans cette perspective, plusieurs questions pourront être abordées : Comment situer la figure de Falla dans le cadre des « modernités » de l’Europe de l’entre-deux-guerres ? Comment interpréter son séjour à Majorque : comme relevant d’échanges culturels propres à une élite ou comme l’expression du développement d’une bohème artistique à Palma durant les années trente ? De quelle manière la vie musicale et artistique a-t-elle contribué à la modernité sociale et politique de Majorque et de l’Espagne de l’époque ? Que signifiait alors être moderne ? ».

Date limite de soumission : 30 mai 2026.

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ISSN : 2368-7061
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