Appel de conférences – « Présence de Lalande. De la gloire à la postérité » – 31 mai 2026

Appel de conférences pour le colloque international « Présence de Lalande. De la gloire à la postérité », Maison française d’Oxford, 20-21 novembre 2026. 

«La mort de Lalande en juin 1726 ne met nullement un terme à la diffusion de son œuvre ; elle en inaugure au contraire une postérité d’une remarquable longévité, unique dans le paysage musical français. Des décennies qui suivent immédiatement sa disparition jusqu’à la Révolution, et au-delà, ses motets à grand chœur – mais aussi diverses pièces vocales et instrumentales – demeurent solidement ancrés dans les pratiques liturgiques et concertantes, à la cour, à Paris et en province : la Chapelle royale, le Concert spirituel, cathédrales et collégiales, ou sociétés de concerts continuent de les programmer avec succès. Aux XIXᵉ et XXᵉ siècles, son nom resurgit à la faveur du renouveau des maîtrises, dans les entreprises musicologiques naissantes, les premières éditions puis les enregistrements discographiques, inaugurant une nouvelle phase de reconnaissance, qui perdure et même se renouvelle aujourd’hui.

Le paradoxe est frappant : musicien favori du roi, attaché de son vivant à un cadre presque exclusivement curial, Lalande voit pourtant son œuvre s’émanciper de son contexte d’origine, investissant une pluralité d’espaces, de pratiques et d’imaginaires, et ce avec un succès immédiat et inégalé. Cette étonnante persistance invite à interroger les mécanismes qui l’ont rendue possible : selon quelles logiques de transmission, d’évolution, de réappropriation, voire de réinvention sa musique a-t-elle circulé ? Quelles stratégies discursives – panégyriques, critiques, récits biographiques – ont façonné sa gloire posthume ? Et comment la figure de Lalande a-t-elle pu rester le symbole d’un âge d’or passé tout en s’adaptant aux mutations esthétiques, politiques ou religieuses qui ont jalonné les siècles jusqu’à aujourd’hui ?

Ce colloque propose d’interroger les mécanismes et les enjeux de cette étonnante postérité. Pourquoi et comment Lalande, musicien de cour par excellence, acquiert-il une place si durable dans le patrimoine musical français ? Quelles logiques de diffusion (sources originales, édition posthume de 1729, copies, arrangements, etc.) assurent la circulation, et plus largement le rayonnement de sa musique au-delà de Versailles ? Selon quelles adaptations esthétiques ou pratiques son œuvre est-elle « mise au goût du jour » ou, au contraire, envisagée dans l’idée d’une fidélité à une « musique ancienne » ? Comment investit-elle – ou non – des périodes et des contextes variés (ensembles vocaux, Concerts, pédagogie, arts vivants, etc.) ? Enfin, observe-t-on une continuité de sa présence aprèsla Révolution, ou bien une bifurcation mémorielle ? ».

Date limite de soumission : 31 mai 2026.

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ISSN : 2368-7061
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