Appel de conférences pour le colloque international « La symphonie et son public (1918-1968) », Université de Genève, 26 juin 2026.
«La symphonie est, si l’on suit la définition proposée par Paul Bekker en 1918, un « genre public ». Néanmoins, dans le sillage de la Première Guerre mondiale, des révolutions et des turbulences économiques qu’elle a déclenchées, le potentiel de « construction communautaire » que Bekker voyait dans la symphonie semble être passé largement inaperçu, le genre lui-même étant délaissé par la jeune génération de compositeurs.
La situation change dans les années 1930 où, dans une apparente indifférence aux divisions géopolitiques, la symphonie connaît un renouveau tant en URSS que dans l’Allemagne nazie, en Angleterre, aux États-Unis, en France, en Suisse ou en Scandinavie. La popularité croissante de la radio permet également à ce genre monumental de toucher un public d’une ampleur sans précédent. La production symphonique semble atteindre son apogée vers 1945, même si le genre reste populaire par la suite, y compris pendant les années où un nombre croissant d’institutions promeuvent une esthétique post-webernienne.
Les symphonies de l’entre-deux-guerres et du milieu du XXe siècle – leur composition, leur diffusion et leur réception – sont récemment devenues un sujet d’intérêt académique à part entière, souvent sans que la question de leur rôle social soit thématisée. Si la symphonie est restée un genre public, à quels publics s’adressait-elle désormais ? Si elle possédait effectivement un potentiel de « construction communautaire », quelles communautés a-t-elle contribué à construire ou à délimiter, et quelles technologies ont joué un rôle dans sa promotion ? Et quel rôle la symphonie a-t-elle joué en dehors de l’Europe et des États-Unis – notamment en Amérique latine, en Afrique et en Australasie ? ».
Date limite de soumission : 24 avril 2026.
