Appel de conférences pour le colloque international « Recréer l’Orient. Imaginaires et circulations transnationales », Université Grenoble Alpes , 5-6 novembre 2026
« Ce colloque s’inscrit dans la continuité du colloque qui a eu lieu à la Sorbonne Nouvelle, le 5 mai 2026 (Maison de la Recherche) qui a ouvert un espace de réflexion autour de l’imaginaire de l’Orient, envisagé à la fois comme héritage de circulations artistiques anciennes (orientalisme, picturalité, poétiques de l’ailleurs) et comme construction contemporaine façonnée par la mobilité des artistes, les collaborations transfrontalières et les circuits internationaux de production et de diffusion.
Cette première journée a ainsi permis de poser les jalons d’une réflexion sur les relations entre imaginaires de l’Orient et pratiques artistiques transnationales, en articulant étroitement apports théoriques et études de cas, principalement dans le champ du cinéma et des arts visuels. Les communications ont notamment mis en lumière les tensions esthétiques et politiques à l’œuvre dans le cinéma palestinien contemporain, ainsi que les reconfigurations de l’imaginaire de la Turquie depuis l’Europe dans les films de Tunç Okan et Yılmaz Güney. Le cinéma iranien de la diaspora a été abordé à partir d’œuvres de Marjane Satrapi, Shirin Neshat, Kheiron ou encore Babak Anvari, tandis que les formes diasporiques ont été interrogées à travers les productions de cinéastes russes en exil et de réalisateurs soudanais contemporains. D’autres interventions ont élargi la réflexion aux circulations transnationales dans le théâtre politique de Dario Fo et Franca Rame, aux géopoétiques de l’ailleurs dans les œuvres de Joy Harjo, Flora Devatine et Vera Duarte, ainsi qu’aux dynamiques de circulation des manifestes artistiques entre Europe et Amériques.
L’objectif de ce second colloque est de poursuivre l’analyse des effets des dynamiques transnationales sur les formes esthétiques et les trajectoires artistiques (biographies, exils, diasporas, circulations), en élargissant la réflexion à l’histoire de l’art, la musique et la littérature. Il s’agira d’interroger l’art en mouvement, à la fois dans ses imaginaires et dans les circulations des artistes et des œuvres, sans envisager l’« Orient » comme un bloc homogène, mais comme un espace pluriel, construit à partir de récits, d’images et de représentations en constante transformation.
Nourri par des représentations et des imaginaires dont les généalogies remontent parfois à l’Antiquité, et réélaboré par les constructions orientalistes des XVIIIᵉ-XXᵉ siècles, cet « Orient » se pense aujourd’hui à l’aune de formes artistiques transnationales, marquées par l’hybridation des sources culturelles, la circulation des motifs et la multiplicité des ancrages géoculturels. Dans un contexte où les œuvres se conçoivent de plus en plus dans des configurations multi-situées (coproductions, collaborations internationales, mobilités artistiques), le transnational désigne moins une échelle qu’un mode d’interdépendance des pratiques et des formes.
Dans cette perspective, il s’agira d’examiner comment cet imaginaire de l’ailleurs, longtemps associé à l’exotisme, est aujourd’hui réinvesti comme matériau esthétique dans des contextes de création hybrides. Là où l’orientalisme construisait un ailleurs par le regard, les pratiques contemporaines élaborent un « entre-les-ailleurs », fondé sur la circulation, la coopération et l’hybridation.
Dans le prolongement de la première journée, ce colloque entend ainsi approfondir ces questionnements en accordant une attention particulière aux formes contemporaines de création dans le cinéma et les arts visuels, tout en ouvrant plus largement le champ aux arts, à la musique et à la littérature. Il s’agira notamment d’interroger la manière dont les circulations, les transferts culturels, les exils et les dynamiques transnationales travaillent les écritures, les formes narratives et les imaginaires artistiques et littéraires, en encourageant des approches portant aussi bien sur de nouveaux corpus que sur des auteurs déjà explorés.
Les propositions pourront porter, à titre indicatif et sans exclusive, sur des cinéastes, écrivain.es ou trajectoires d’artistes travaillant dans des contextes transnationaux et intermédiatiques (par exemple : Youssef Chahine, Elia Suleiman, Pier Paolo Pasolini, Chantal Akerman, Wajdi Mouawad, Assia Djebar, Amin Maalouf, Tahar Ben Jelloun…), ainsi que sur d’autres corpus permettant d’interroger la circulation et la transformation des imaginaires de l’Orient ».
Date limite de soumission : 20 juillet.
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