• Vol. 6 nº 1, juillet 2019

    Les musicographes traitant de questions esthétiques ont accordé un statut privilégié à certains philosophes : ainsi Saint Thomas d’Aquin, Pascal, Schopenhauer, Nietzsche, notamment, sont-ils régulièrement convoqués dans la presse musicale française durant la première moitié du XXe siècle. Parmi les figures retenant l’attention des théoriciens et des critiques, Henri Bergson (1859-1941) joue un rôle particulièrement important. Les raisons de son succès sont en partie d’ordre contextuel : Bergson est actif lors de la période concernée et sa pensée rencontre un vif succès – jusqu’à la veille de la Seconde Guerre mondiale, les champs de la littérature, des arts plastiques, de l’histoire, de la psychologie se voient marqués par une forme de « bergsonisme ambiant » (Combe 2004, Azouvi 2007) ; le domaine musical n’échappe pas à cette imprégnation, d’autant que Bergson lui-même a consacré plusieurs développements importants à la musique et que sa philosophie rend possible, plus fondamentalement, une compréhension renouvelée du phénomène musical.

  • Vol. 5 nº 2, novembre 2018

    Professeure d’esthétique et de philosophie de l’art à l’Université de Lille et membre du Centre d’Étude des Arts Contemporains qu’elle a dirigé de 2008 à 2012, Anne Boissière semble avoir toujours eu un intérêt particulier pour la musique. Qu’il s’agisse de la pensée musicale de Theodor W. Adorno (Boissière 2011), de la modernité en musique à travers des compositeurs tels que Mahler et Berg ou encore des rapports entre la musique et le mouvement (Boissière 2014), la musique occupe une place prépondérante dans les réflexions de l’auteure.

  • Vol. 2 nº 2, mai 2015

    Mes expériences professionnelles en tant que pédagogue et interprète m’ont souvent amenée à réfléchir à la valeur de la musique et plus précisément à la façon adéquate de l’enseigner. Après un retour réflexif sur mes pratiques pédagogiques, l’influence d’une philosophie de l’action sur celles-ci m’est apparue évidente. Ainsi, ma réflexion s’est penchée sur le praxialisme, cette philosophie pragmatique de l’éducation musicale élaborée par David Elliott. À travers cet essai, j’ai donc voulu approfondir mes connaissances à propos de cette philosophie, mais également vérifier en quoi le programme de formation de l’école québécoise en musique (PFEQ) pouvait reposer sur des fondements plus contemporains issus de la philosophie praxialiste.