• Vol. 4 nº 2, novembre 2017

    Écrivain et critique d’art, Raymond Bouyer (1862-1939 ?) aura une activité de
    chroniqueur musical intense. Ces articles attirent l’attention par la variété des sujets
    abordés et par l’angle que le critique d’art adopte lorsqu’il parle de musique. S’interrogeant
    sur le concert, la mélomanie, la pratique de la critique musicale, il écrit
    tout autant sur Bach, sur l’orchestre invisible au théâtre ou sur le phénomène de
    la popularité. Raymond Bouyer, dont nous ne savons pratiquement rien et qui ne
    semble pas avoir laissé beaucoup de traces quant à sa vie personnelle, est à mon
    avis une figure emblématique du modèle du critique polyvalent, modèle hérité du
    XIXe siècle. Ses écrits constituent un corpus original, témoin d’une conception interartistique
    lorsqu’il est question de discourir sur la musique.

  • Vol. 4 nº 2, novembre 2017

    Depuis la fin des années 1990, l’histoire de la musique pendant la Première Guerre mondiale a été envisagée du point de vue des répertoires, des sociétés de concerts, de l’édition musicale, ou encore des représentations de l’ennemi (Duchesneau 1996, Caballero 1999, Huybrechts 1999, Leterrier 2000, Watkins 2003, Buch 2004, Audoin-Rouzeau et al. 2009, Anselmini 2013, Doé de Maindreville et Etcharry 2014).
    Les travaux cités ont permis d’éclairer une période que les historiens de la musique tendaient auparavant à occulter, passant directement de la fin de la Belle Époque au début des Années folles. Mais paradoxalement, ces mêmes travaux reconduisent en creux le cloisonnement entre périodes de guerre et de paix : pour des raisons de découpage chronologique évidentes, les années étudiées sont celles du conflit, envisagé comme une période exceptionnelle et déconnectée de ce qui la précède et de ce qui la suit directement.

  • Vol. 4 nº 2, novembre 2017

    En août 1913, Lili Boulanger ouvre une ère nouvelle pour les femmes en remportant le premier grand prix de Rome en composition. L’arrivée d’une femme dans un métier jusqu’alors réservé aux hommes, et sa reconnaissance par une institution aussi prestigieuse que l’Académie des Beaux-Arts, déclenche une série d’articles. Certains signataires y voient une victoire, mais d’autres ressentent une défaite, voire un signe de l’affaiblissement de l’art. Avec une ironie qui cerne bien cette tension, le critique et chroniqueur musical Émile Vuillermoz tenait alors ces propos concernant la place croissante des femmes dans le monde musical : « Les esthéticiens misogynes en tirent de funestes présages. Ils nous font remarquer avec aigreur les défauts naturels, les tares originelles de l’interprétation féminine des arts. Ce sera le triomphe de la mièvrerie, de la fadeur, de l’élégance conventionnelle et de la sensiblerie » (Musica, no 114, 1912, p. 45). Parce que de tels mots sont aujourd’hui choquants, ils nous permettent de mesurer le chemin accompli en un siècle par les femmes musiciennes. D’un point de vue musicologique, l’exploration de la critique des femmes compositrice est intéressante. Elle permet de cerner un cadre de représentation symbolique et de pratiques sociales, et ainsi de mieux comprendre le contexte musical entourant Lili Boulanger et sa conquête du prix de Rome.

  • Vol. 3 nº 1, février 2016

    « Panel sur la critique musicale », dans le cadre du colloque international Qu’en est-il du goût musical dans le monde au XXIe siècle ?, 28 février 2013, Faculté de musique, Université de Montréal, salle Serge-Garant, par Caroline Marcoux-Gendron

  • Vol. 3 nº 1, février 2016

    « La critique musicale : de la théorie à la pratique. Compte rendu de la journée d’étude, 13 mars 2015, Faculté de musique, Université de Montréal, salle Serge-Garant », par Margalida Amengual Garí, Hubert Bolduc-loutier, Chloé Huvet et Marie-Pier Leduc.