Appel de conférences – « Aïno Ackté et Paris » – 1er décembre 2025

Appel de conférences pour le colloque international « Aïno Ackté et Paris », Bibliothèque musicale La Grange-Fleuret, 10-12 décembre 2026.Aino Ackté - Wikipedia

« Aïno Ackté (1876-1944) avait dix-huit ans lorsqu’elle quitta sa ville natale d’Helsinki pour rejoindre Paris et étudier – comme sa mère avant elle – au Conservatoire. Entrée en 1894 dans la classe d’Edmond Duvernoy (chant) et en 1895 dans celle d’Alfred Giraudet (opéra), elle fut distinguée en 1897 par un premier prix d’opéra qui décida de sa carrière parisienne. Aussitôt engagée par l’Opéra de Paris, elle y fit des débuts remarqués dès le mois d’octobre 1897 dans le rôle de Marguerite du Faust de Gounod ; séduisant le public autant par ses qualités vocales que par sa présence scénique. Le public, comme la critique, furent alors charmés par “cette jolie et distinguée jeune fille d’un visage et d’une allure étranges et poétiques, douée d’une voix merveilleuse et stylée, [qui] ne s’était pas contentée de chanter Marguerite ; [mais l’avait] rendue avec une étonnante souplesse de talent” (Adrien Laroque, Acteurs et actrices de Paris, juillet 1899). Véritable “étoile du Nord” de la scène lyrique parisienne, A. Ackté multiplia dès lors les rôles tant à l’Opéra qu’à l’Opéra-Comique – Juliette (Roméo et Juliette), Elsa (Lohengrin), Elisabeth (Tannhäuser), etc. – avec un succès constant jusqu’en 1904 ; le public aussi bien que la critique restant durablement attachés à son timbre particulier perçu comme éminemment “exotique” et qui lui vaut d’être volontiers comparée à son ainée, la soprano suédoise Christine Nilsson (1843-1921). La cantatrice entretint donc avec Paris des liens privilégiés, qu’elle ne put tisser nulle part ailleurs, en dépit d’une carrière internationale qui la mena jusqu’aux États-Unis. Son professeur, ou plutôt son mentor, E. Duvernoy, ne lui écrivit-il pas d’ailleurs : “[I]l n’y a que Paris pour les vraies artistes, et vous voyez maintenant, combien on le regrette quand on n’y est plus.” Mais, au-delà du caractère très francophile de sa carrière artistique, A. Ackté fut aussi une ambassadrice de la culture finlandaise, à une époque où son pays vivait sous la domination russe. Alors que le tsar Nicolas II avait supprimé l’autonomie de la Finlande en 1899, A. Ackté se distingua à l’Exposition universelle de 1900 en interprétant de la musique finlandaise au Palais du Trocadéro. Elle retournera d’ailleurs en Finlande au début des années 1910, où elle participera à la fondation de l’opéra national, qu’elle dirigera à la fin des années 1930, et créera, dès 1912, le festival d’opéra de Savonlinna. Elle séjourna de nouveau à Paris entre 1926 et 1928 et y donna des cours particuliers.

Le colloque “Aïno Ackté et Paris” se propose d’évoquer les multiples facettes de la vie et de la carrière de cette grande artiste dont l’année 2026 marque le cent-cinquantième anniversaire de la naissance, en privilégiant l’étude de ses relations avec la scène lyrique parisienne. Plusieurs thématiques pourront être abordées telles que :

  •  Le portrait de l’artiste à travers la presse
  •   La vocalité d’Aïno Ackté
  • Les rôles d’Aïno Ackté
  • L’enseignement lyrique au Conservatoire de Paris à la fin du XIXe siècle
  • A. Ackté une figure de l’exotisme musical sur la scène lyrique parisienne
  •  Musique et géopolitique autour de l’Exposition universelle de 1900
  • Les carrières de chanteuses à l’Opéra de Paris au temps d’A. Ackté
  • Les cercles parisiens d’A. Ackté
  • Le regard des hommes sur une cantatrice venue du Nord
  • Aïno Ackté vedette de l’Opéra de Paris vue de l’étranger
  • Une liée de cantatrices à Paris (Emmy Achté, Aïno Ackté, Irma Tervani)
  • A. Ackté professeur de chant à Paris ».

Date limite de soumission : 1er décembre 2025.

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ISSN : 2368-7061
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