• Vol. 6 nº 1, juillet 2019

    Il est acquis de façon empirique par les musiciens que le son résultant de l’exécution d’une œuvre musicale est dépendant du geste, comme par exemple l’attaque des cordes au plectre ou à l’archet pour les instruments à cordes, la pose des doigts, le frappé de peau pour les instruments à percussion ou encore les fluctuations du souffle pour les instruments à vent. Si cet état de fait semble presque évident pour les instruments où l’interaction entre le geste et le système résonant est directe, cela semble plus spéculatif pour le piano pour lequel le son est obtenu au moyen d’un système mécanique très sophistiqué dont la conception s’est affinée au cours du temps, depuis les premiers pianofortes du XVIIIe siècle jusqu’au piano moderne, dans l’objectif, entre autres, d’obtenir une homogénéité et une régularité dans le son produit, et ce quel que soit le pianiste. Mais force est de constater, non seulement pour les pianistes eux-mêmes pour lesquels c’est une chose évidente, mais aussi pour les auditeurs, que chaque musicien possède une sonorité bien particulière et souvent très distinctive. Cependant, cette intuition ne peut, en général, pas se vérifier, les conditions d’exécution n’étant jamais les mêmes et les pianos étant différents, tout comme les salles ou les studios.