• Vol. 3 nº 2, mai 2016

    Lorsqu’elle est libérée par la Croix-Rouge suédoise le 23 avril 1945 avec plusieurs centaines de détenues, Tillion fait sortir clandestinement le manuscrit du Verfügbar avec d’autres documents contenant des informations de premier ordre sur le fonctionnement du camp. Mais ce n’est que bien des années après la guerre que Le Verfügbar aux Enfers sort véritablement de l’ombre. Tillion en cite d’abord des extraits dans son troisième Ravensbrück paru en 1988 (Tillion 1988), et le publie finalement comme un opus à part entière en 2005 (Tillion 2005). Cette publication marque les débuts de la seconde vie de l’opérette-revue ; rendu accessible, son texte devient par cette occasion une source et un objet d’étude pour les chercheurs, mais aussi une œuvre destinée à la scène. Or depuis la sortie du livre l’investissement du monde du spectacle à son sujet paraît plus important que celui de la recherche, les études menées étant généralement peu développées. Comment expliquer un tel décalage ?

  • Vol. 3 nº 2, mai 2016

    Le projet de recherche qui a donné lieu à ce dossier propose d’aborder les processus de remémoration musicale et de résistance par le chant et l’humour à travers un travail de création très particulier : Le Verfügbar aux Enfers, « opérette-revue » rédigée en 1944 dans le camp de Ravensbrück par un collectif de prisonnières réuni autour de l’ethnologue française Germaine Tillion. Cette « œuvre » encore peu étudiée du point de vue des sources est un collage multiforme qui combine dialogues parlés, passages déclamés et chansons « sur l’air de… » reprenant et détournant des mélodies et rengaines connues de l’époque, et représente ainsi la vie du camp sous l’angle de l’humour et de la dérision afin d’aider les déportées à résister et à survivre à l’horreur.