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  • Vol. 3 nº 2, mai 2016

    Le présent article se penche sur les défis qu’impliquent la restitution musicale et la performance du Verfügbar aux Enfers. La nature de cette œuvre pose un défi à la performance, entre autres parce qu’il n’existe pas à proprement parler de référent permettant de déterminer si la conception et l’interprétation coïncident avec ce qui a été imaginé au départ par les auteures. Ces dernières n’ayant pas prévu de mise en scène, plusieurs choix peuvent être effectués, modifiant ainsi la réception de l’œuvre. Pour répondre aux exigences de ce défi, une proposition de reconstruction d’un air du Verfügbar aux Enfers, parodie d’un duo extrait de l’opérette Ciboulette (1923) du compositeur Reynaldo Hahn (1874-1947), sera ici présentée.

  • Vol. 3 nº 2, mai 2016

    Lorsqu’elle est libérée par la Croix-Rouge suédoise le 23 avril 1945 avec plusieurs centaines de détenues, Tillion fait sortir clandestinement le manuscrit du Verfügbar avec d’autres documents contenant des informations de premier ordre sur le fonctionnement du camp. Mais ce n’est que bien des années après la guerre que Le Verfügbar aux Enfers sort véritablement de l’ombre. Tillion en cite d’abord des extraits dans son troisième Ravensbrück paru en 1988 (Tillion 1988), et le publie finalement comme un opus à part entière en 2005 (Tillion 2005). Cette publication marque les débuts de la seconde vie de l’opérette-revue ; rendu accessible, son texte devient par cette occasion une source et un objet d’étude pour les chercheurs, mais aussi une œuvre destinée à la scène. Or depuis la sortie du livre l’investissement du monde du spectacle à son sujet paraît plus important que celui de la recherche, les études menées étant généralement peu développées. Comment expliquer un tel décalage ?

  • Vol. 3 nº 2, mai 2016

    L’interprétation vocale du Verfügbar aux Enfers au XXIe siècle
    Catherine Harrison-Boisvert et Caroline Marcoux-Gendron

    PDF | CITATION | AUTEURS

    Résumé
    Cet article porte sur les efforts de mise en musique et d’interprétation vocale d’extraits du Verfügbar aux Enfers déployés par notre équipe dans le but d’alimenter notre réflexion et nos objectifs de recherche. Nous y exposons différentes décisions qui ont été prises au cours du […]

  • Vol. 3 nº 2, mai 2016

    Chants de femmes triomphantes.
    Les opérettes citées dans Le Verfügbar aux Enfers

    Pascal Blanchet

    PDF | CITATION | AUTEUR

    Résumé
    Quand Germaine Tillion et ses compagnes mettent au point leur « opérette-revue » à Ravensbrück, elles choisissent comme support à leurs paroles plusieurs mélodies provenant d’opérettes. Leur choix se porte tout naturellement sur des œuvres importantes dans l’histoire du genre. L’opérette, genre marqué par une certaine […]

  • Vol. 3 nº 2, mai 2016

    Tout surprend quand on se penche sur le contexte de rédaction du Verfügbar aux Enfers, de même que sur son contenu : sa création elle-même tient du prodige (les détenues vivaient dans des conditions physiques éreintantes et s’exposaient au péril de se faire découvrir en possession non seulement de papier mais d’un manuscrit si subversif), sans parler de la présence, dans l’opérette-revue, d’autodérision, de pastiches et de renversements de pièces musicales « sur l’air de » dont elles avaient détourné les paroles. Si les citations musicales sont flagrantes dans cette œuvre, la présence d’un intertexte littéraire est aussi perceptible, caractéristique également évidente dans les témoignages rédigés après la guerre par les survivants des camps nazis. Pourquoi évoquer la littérature dans les camps et dans les témoignages ? Cette question est intimement liée à celle, cruciale, de la raison d’être de la littérature : ce sera ici le lieu d’y réfléchir en gardant à l’esprit le contexte concentrationnaire.

  • Vol. 3 nº 2, mai 2016

    Le projet de recherche qui a donné lieu à ce dossier propose d’aborder les processus de remémoration musicale et de résistance par le chant et l’humour à travers un travail de création très particulier : Le Verfügbar aux Enfers, « opérette-revue » rédigée en 1944 dans le camp de Ravensbrück par un collectif de prisonnières réuni autour de l’ethnologue française Germaine Tillion. Cette « œuvre » encore peu étudiée du point de vue des sources est un collage multiforme qui combine dialogues parlés, passages déclamés et chansons « sur l’air de… » reprenant et détournant des mélodies et rengaines connues de l’époque, et représente ainsi la vie du camp sous l’angle de l’humour et de la dérision afin d’aider les déportées à résister et à survivre à l’horreur.