• Vol. 5 nº 2, novembre 2018

    Les « Variations… sans thème » publiées dans quasiment chaque numéro du Guide du concert entre octobre 1934 et mai 1939 (date à laquelle la revue a interrompu sa parution en raison de la guerre) constituent un de ces lieux où le discours esthétique dans la presse musicale se glisse sans que l’on ne s’y attende. En fait, la rubrique d’Yves Margat (1896-1971) prend la forme d’une série de billets qui commentent de façon humoristique les changements sociomusicaux de son époque. Bien qu’il soit souvent difficile de cerner à quel point les propos polémiques de Margat sont les siens ou constituent eux-mêmes des caricatures ironiques (est-ce le conservatisme qu’il oppose aux changements de la modernité sincère ou s’agit-il plutôt d’une raillerie des bienpensants ?), il n’en demeure pas moins que ses billets promeuvent une vision idéaliste de la musique considérée comme le produit intouchable de l’inspiration du génie. Le discours esthétique se cache donc aussi dans l’humour et peut même en être la victime.

  • Vol. 3 nº 2, mai 2016

    Face à l’adversité – misère, totalitarisme, violence –, Germaine Tillion a montré que l’expérience individuelle peut devenir connaissance et la connaissance partagée se muer en action groupale. Toute sa trajectoire tient dans cette éthique qui est aussi mise en pratique solidaire liant étroitement observation, dialogue et réflexivité. Ce credo anime la vie de Tillion en amont et en aval de sa déportation à Ravensbrück en un « double apprentissage » qui allie l’étude et l’expérience sans les dissocier ni les hiérarchiser quant à leur apport commun de connaissances. Ce credo traverse de manière performative l’œuvre collective du Verfügbar aux Enfers.