• Vol. 3 nº 2, mai 2016

    Tout surprend quand on se penche sur le contexte de rédaction du Verfügbar aux Enfers, de même que sur son contenu : sa création elle-même tient du prodige (les détenues vivaient dans des conditions physiques éreintantes et s’exposaient au péril de se faire découvrir en possession non seulement de papier mais d’un manuscrit si subversif), sans parler de la présence, dans l’opérette-revue, d’autodérision, de pastiches et de renversements de pièces musicales « sur l’air de » dont elles avaient détourné les paroles. Si les citations musicales sont flagrantes dans cette œuvre, la présence d’un intertexte littéraire est aussi perceptible, caractéristique également évidente dans les témoignages rédigés après la guerre par les survivants des camps nazis. Pourquoi évoquer la littérature dans les camps et dans les témoignages ? Cette question est intimement liée à celle, cruciale, de la raison d’être de la littérature : ce sera ici le lieu d’y réfléchir en gardant à l’esprit le contexte concentrationnaire.